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STREET FIGHTER 2: THE WORLD WARRIOR
(1992 / capcom / super nintendo)

<Un tournoi international d'art martiaux> Paf !! Comment résumer en une seule phrase le scénario simple mais super efficace de Street Fighter II. Bien sûr, chaque combattant possède ses propres motivations, allant de l'obsessionnelle perfection martiale, à la frime totale, de la vengeance en passant par l'effort patriotique !! Ce tournoi ne s'embarrasse pas trop de catégorie de poids et de sexe. Tout le monde est bienvenu (mieux vaut quand même s'entraîner un peu avant). Si tous les coups sont permis (yeah!), les griffes de métal ou les bracelets cloutés sont aussi autorisés. Déjà particulièrement dangereux en soi, les matches se déroulent en 2 manches gagnantes, histoire d'accroître encore plus les risques de blessures graves !!

Street Fighter II est LE jeu de baston 1 contre 1 en 2D. On choisit son combattant parmi 8, puis on part à travers le monde pour aller battre les 7 adversaires restants chez eux. A noter que le personnage n'affronte jamais son double (hormis à 2 joueurs, grâce à un code). Donc, pas de combat à domicile donc dans Street Fighter II. Une fois les combattants vaincus, 4 nouveaux feront leur apparition. Ils sont plus forts, plus rapides et encore plus dangereux. Et méchants en plus.

Avant Street Fighter II, le jeu de baston, ça n'existait presque pas. "Karate champ" de technos en 1984 ouvre la voie à quelques jeux de combat en 1 contre 1, tous plus oublié les uns que les autres: International Karate (System 3/1985), Street Fighter (capcom/1987), Street Smart (SNK/1989), Fist of the North Star (Toei/1990), Fatman (Activision/1990) ou Pit-Fighters (Midway/1990) -la liste est aussi courte que le succès est faible-. Au début des années '90, ce sont les beat'em all, façon Double Dragon, qui marchent fort. Capcom sort en 1989 son jeu de bagarre, devant s'appeler à l'origine... Street Fighter '89 !! Finalement, Capcom choisit le nom Final Fight, puisque le résultat final est assez éloigné du premier épisode, dont personne ne se souvient de toute façon. Deux ans plus tard, Street Fighter II sort, reprenant le moteur graphique de Final Fight !!

Dans les '90, on est en plein boom des films de Karaté, fièrement mené par Jean-Claude Van Damme et ses grands écarts faciaux. "Tous les coups sont permis" (Bloodsport en V.O/1988), puis "Kickboxer" (1989) semblent avoir été une énorme source d'inspiration pour Capcom. Ainsi, on découvre dans Bloodsport un sumo (hum), un brésilien aussi simiesque que sautillant (hum hum), le héros GI américain (...) accompagné d'un colosse barbu et bourrin (ah, il n'est pas russe au moins!!). Quant au boss de Kickboxer, il s'agit du mythique Tong Po, immense boxer muay thaï, très, très méchant !! Ajoutez à cela Mike Tyson (pas du tout déguisé !).

Les graphismes sont exceptionnels, et dignes de la version arcade. Chaque décor est riche en détails et les personnages ont chacun de très nombreuses étapes d'animation. Les défauts sont si rares qu'on se demande s'ils ne sont pas fait exprès (le célèbre ralentissement du K.O par exemple). 12 personnages et 12 décors haut en couleurs: Street Fighter 2 mise à fond sur les clichés, et chaque combattant et son univers lié sont des stéréotypes, des personnages plus axés sur un concept que sur une personnalité. Les karatekas, le sumo, le monstre, le G.I, la Chinoise, le yogi, le catcheur, le boxeur sont plus parlant que Ryu, Ken, Honda, Guile, même si ces derniers sont tous devenus ultra célèbres. SNK a préféré travailler beaucoup plus sur le look et le charisme des personnages, quitte à verser plus dans la culture J-pop de mauvais goût. Capcom et son Street Fighter II restent en terme de design beaucoup plus simple et donc bien plus universel. La raison du succès planétaire peut-être?

Toutes les musiques sont passées à la postérité et on ne compte plus les millions des remix créés. Contrairement à la version arcade, la musique ne change pas lorsque l'un des combattants va être K.O ; elle est simplement accélérée !! Sur ce point, la version Super Nintendo est encore meilleure que l'original !! Les sons sont très, très bons, avec des digitalisations vocales réussies et nombreuses. Les bruitages des coups sont des plus impressionnants, ils rendent parfaitement la violence des coups, leur vitesse et leur impact, en utilisant un éventail très vaste de sonorités.

Rien n'est plus compliqué que de commencer à jouer à Street Fighter 2. Les commandes des coups spéciaux semblent sortir d'une autre galaxie, et je me souviens avoir pris Guile au début, car je ne pigeais absoument rien aux quart de tours !! Bien sûr, le jeu est extraordinairement jouable, et on s'étonne aujourd'hui encore de l'incroyable richesse déjà présente dans un jeu aussi précurseur que celui là: Tout y est, les priorités, les combos, les zones d'impact, la variété des styles de combats, tout !!

Plus encore, certaines idées géniales de Street Fighter II, ont été oubliées par la suite: Les obstacles (bidons, caisses) annonçaient le concept de destructibilité des décors, mais seul Real Bout de SNK poussera le concept, avant sa disparition totale.Et que dire du point faible caché !! Propices à de sérieux déséquilibres, cette notion a été supprimée: Avez-vous déjà frappé Sagat en plein saut d'un coup de poing moyen? Oui, en plein dans la cicatrice !! Essayez, et regardez la barre de vie fondre de presque 40% !!

La durée de vie de Street Fighter II est juste hallucinante. Car, si les premières parties contre la console offrent le plaisir de la découverte graphique et sonore mêlé avec celle de la manipulation des personnages, les suivantes procurent la joie de vaincre la machine, très coriace pour un débutant, même en niveau normal. Puis vient le temps de la maîtrise, où l'on veut finir le jeu avec tous les persos, avant de s'attaquer aux difficultés plus élevées. Puis la quête de la perfection, là où le jeu est bouclé pour les uns et ne fait que commencer pour les autres. Le mode 2 joueurs assurent une durée de vie infinie à Street Fighter II, plus qu'un jeu, un sport (dans le sens compétitif du terme) auquel on s'entraîne, on relève des défis, on perd, on gagne... Choisissiez quand même bien vos camarades de jeu! ! C'est terrible comme vous avez des gens effroyablement sérieux !!

plus/moins
+ Personnages mythiques.
+ Réalisation ultime.
+ Bande son ultime.
+ Maniabilité ultime.
+ Durée de vie infinie.
+ Le jeu qui lancé un genre.

Et si Street Fighter II n'avait pas existé ? La taille des cartouches Neo Geo aurait-elle dépassé 330 mégas? Raul Julia serait-il encore vivant ? Aurions-nous eu un vrai Final Fight 2 ?? Des milliers de plagiats se sont engouffrés dans la brèche du succès planétaire du jeu de Capcom. Un produit tellement impressionnant que près de 20 ans après sa sortie, le concept n'a quasiment pas changé (SUPER Street Fighter IV est fondamentalement le même jeu). A noter que Street Fighter II: The World Warrior a eu deux suites sur Super NES, la version Turbo sera un carnage graphique (avec des couleurs moches et des nouveaux dessins vilains), et l'immonde Super Street Fighter 2, où la maniabilité d'origine se retrouve atrocement saccagée !! Street Fighter II, le seul, le vrai, Street Fighter II: The World Warrior. HADOKEN !!

Bonus!!


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