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F-ZERO
(1992 / nintendo / super nintendo)

Bienvenue au XXVIe siècle !! Les humains, extraterrestres et autres créatures de l'espace vibrent tous pour F-Zero, sorte de Formule 1 du futur, réunissant les meilleurs pilotes et équipes de l'univers. Les machines sont des sortes d'aéroglisseurs, lévitant à 30 cm du sol et capable d'atteindre des vitesses de 500 km/h. Les Grand Prix se disputent aux 4 coins de l'univers (l'univers a des coins?) et malgré le caractère dangereux des courses (certaines pistes sont minées), le championnat F-Zero est un sport extrêmement populaire !!

"F-Zero" est un jeu de course futuriste, proposant 15 circuits répartis en 3 championnats (Knight, Queen et King). On peut choisir entre 3 niveaux de difficulté, plus un caché, le niveau Master. Le joueur peut choisir entre 4 machines: -Blue Falcon (très homogène), la Golden Fox (accélération incroyable mais une mauvaise tenue de route), Wild Goose (assez lente mais très robuste) et Fire Stingray (grande vitesse de pointe mais d'une accélération calamiteuse). Il existe 2 autres modèles de F0, bien moins rapides et uniquement joués par la console, qui complètent le plateau pour environ 20 machines au départ de chaque GP. Pas de championnat dans F-Zero, le but est de finir chaque course au moins à la 3me place. Si les armes sont interdites, les courses restent très violentes, avec des pistes piégées (mines, tremplins, aimants, zone d'adhérence réduite) et des adversaires belliqueux (gare aux bolides en perdition!). Tout contact, avec des concurrents, les bordures du circuit ou des mines feront baisser dramatiquement la jauge de puissance de votre machine ; une fois vide, c'est l'explosion !! Plus radical, une chute hors du circuit, et c'est le crash immédiat.

Derrière F-Zero, se cache la division R&D4, composée des meilleurs employés de l'époque chez Nintendo: Shigeru Miyamoto (je dois vraiment le présenter?), Yasunari Nishida (programmer principal de Zelda 1&2 et Super Mario Bros), Kazunobu Shimizu (Zelda 2). Le jeu se veut avant tout une démonstration de puissance de la Super Nintendo, en utilisant le terrible mode 7, processeur génial qui permet des rotations, distorsions et zooms d'une image 2D. F-Zero fait parti des jeux de lancement de la console, fin 1990 au Japon, 1991 aux Etats-Unis et 1992 en Europe.

F-Zero est visuellement une véritable claque. Une gifle cinglante même. Au delà de l'exploitation parfaite du mode 7, avec une sensation de vitesse très bien rendue (Les bords de pistes, qui défilent à 500km/h), c'est l'atmosphère envoûtante qui marque. A invariablement 110 mètres d'altitude, chaque circuit surplombe une planète qui nous est inconnue. Chaque décor évoque en quelques détails une géographie, une histoire ou un passé particulier, donnant au jeu un véritable contexte. F-Zero joue à fond la carte du contraste, entre des décors de contrées à l'abandon (Silence, Port Town, White Land), des mondes aux civilisations disparues (structures coralliennes de Big Blue, immense coquille vide de Sand Ocean, crâne géants de Death Wind) et la modernité du Grand Prix, ainsi que sa frénésie. Les vestiges du passé, procédé classique de la SF pour surligner le caractère futuriste, est abondamment utilisé dans F-Zero.

Inutile de s'attarder sur la qualité des musiques de F-Zero, chaque thème est désormais un classique, et certaines mythiques, comme "Big Blue" remixées des dizaines de fois. Les airs, parfois conquérants, parfois mystérieux, contribuent plus autant à l'ambiance de la planète qu'au rythme de la course. Les sons fourmillent de détails des plus fous: la poussée des réacteurs, le son de l'air que l'on pourfend lors d'un dépassement, le choc sourd de l'impact, le bordonnement éléctrique des bordures... du haut niveau. Pour résumer l'incroyable univers visuel et sonore qu'est F-Zero, la scène du crash, véritable choc qui laisse le joueur abasourdi la manette à la main. Lorsque notre machine explose (suite à une sortie de piste ou l'épuisement de la jauge d'énergie), la musique s'arrête d'un coup au moment du brutal bruit sourd de la détonation, tandis que le défilement infernal de la piste continue sur sa lancée comme propulsé vers l'avant quelques secondes encore, avant de s'arrêter et se retourner sur l'endroit de l'impact fatal et de la carcasse en feu. Stupéfiant au sens strict.

Manette en main, F-Zero tient du miracle ; près de 20 ans après sa sortie, difficile de trouver un jeu avec un dégré de... réalisme (j'ose le mot) aussi élevé !! Bien sûr, les courses et les bolides de F-Zero sont hautement fantaisistes, mais tout est fantastiquement tangible. On ressent parfaitement la machine, ses réactions en fonction de son poids, son comportement sous/survireurs, sa poussée de réacteurs et son accélération plus ou moins linéaires, etc. La conduite est ultra précise, les trajectoires à étudier au millimètre, les remises de puissance par paliers, un certain concept d'adhérence (en tant qu'aéroglisseur, on devrait parler plutôt de décrochage magnétique, ou quelque chose comme ça). Le comportement des F0 est absolument incroyable tant la moindre de leurs réactions semble physiquement cohérente. Les adversaires sont très coriaces et bien difficiles à rattraper ou à décrocher si on est en tête, rendant la compétition à la fois réaliste et passionnante.

Avec 3 championnats, des circuits de plus en plus complexes et 4 niveaux de difficulté parfaitement dosées, le jeu possède une très bonne durée de vie. D'autant plus prolongée si on va à la chasse aux chronos, grâce à un mode "practice" et aux meilleurs temps du mode Grand Prix sauvegardés automatiquement dans la cartouche. F-Zero est l'un des premiers jeux sur Super Nintendo à utiliser le mode 7 ; l'absence du mode 2 joueurs lui a été reprochée, mais aurait-il vraiment apporté quelque chose en plus? Pour F-Zero, un écran divisé par deux, auront sans doute offert une action aussi illisible que confuse. Au delà de sa surpuissance technologique, le soft est d'une grande sobriété graphique, au point de vue de l'habillage. Je vais dire très bien, surtout quand on voit le carnage à l'écran dans F-Zero X (N64) et F-Zero GX (GC)!!

plus/moins
+ Un univers extraordinaire
+ Une réussite graphique absolue
+ Une vitesse galvanisante
+ Une maniabilité hors du commun
+ Des musiques légendaires
+ Pas de mode 2 joueurs (et c'est tant mieux).

Légendaire, mythique, F-Zero est sans doute un jeu qui mérite d'obtenir le fameux 10/10. Tout premier grand "jeu de course futuriste", il reste aujourd'hui, totalement stupéfiant dans son approche très rigoureuse du comportement physique de ses machines. Peu de jeux, même actuels, peuvent se targuer d'avoir des réactions aussi cohérentes, même des jeux auto-proclamés réalistes. L'absence de mode 2 joueurs est un faux défaut qu'on se force à reprocher à un jeu marqué par le génie, graphique, sonore et ludique, un jeu d'une perfection proche de l'anomalie: aucune de ses suites ne parviendra à comprendre l'essence magique de F-Zero, l'original.


testé en 2010 par broseb.
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