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HUMAN GRAND PRIX
(1992 / human / super famicom)

Vroum vroum !! Quelle intro pour un jeu de Formule 1 !! Normal, puisqu'on parle aujourd'hui de HumanGP sur Super Famicom. Et oui, il s'agit bien d'un jeu de F1, et pas un simulateur de de courses d'humains, comme pourrait le laisser penser le titre. C'est sans doute la raison pour laquelle le jeu a été rebaptisé F1 Pole Position en Europe !!

Human Grand Prix est un jeu de Formule 1, développé par Human Corp -éditeur reconnu pour ses simulations sportives, comme Final Match Tennis, Formation Soccer ou Fire Pro Wrestling. On y retrouve la licence complète de la saison 1992 de Formule 1, ses 16 grand prix, avec bien sûr les mythiques circuits de Monaco, Monza ou Spa-Francorchamps, mais aussi des épreuves disparues comme le GP du Mexique ou du Portugal. Pour des raisons techniques, seules 7 équipes sont présentes dans le jeu: Williams, McLaren, Ferrari, Benetton, Jordan, Footwork et Larrousse. Le soft offre le choix entre un mode Battle (une course simple en fait), Grand Prix (saison complète) ou entraînement.

HumanGP utilise, comme F-Zero auparavant, le mode 7, la routine spéciale de la Super Nintendo permettant la distorsion en 3D d'images 2D (ici, la piste). Du coup, la perception de la course est totalement différente des jeux de course de l'époque, comme Top Racer par exemple: Les virages ont différents rayons, et le joueur doit trouver la bonne trajectoire et vitesse de passage. L'écran est constamment divisé en 2, à la façon du mode 2 joueurs ; l'écran du haut sert soit de vue arrière, soit de panneautage, récapitulant le classement de la course. De nombreuses informations (usure de pneus, des suspensions, dégâts...) rognent encore plus la fenêtre de jeu à moins d'une moitié d'écran. En comptant les bandes noires en version européenne, on conduit donc une minuscule tiers de la télé !!

Style réaliste oblige, les graphismes de la piste sont assez limités (un vague décor, de l'herbe sur les à-cotés) ; par contre, les monoplaces sont très détaillées, chacune respectant le look réel de leur modèle. L'animation, est au-dessus de tous soupçons, avec une bonne sensation de vitesse quand les virages s'enchaînent. Comme c'est l'habitude chez Human, le sport se fait en musique ; chaque grand prix est accompagné de son propre thème, aux sonorités typiques de l'éditeur. Les musiques sont bonnes, voire excellentes (cf. Monaco et Imola). Les bruitages ne sont pas en reste, on reconnaît sans problème la différence entre le furieux V12 Ferrari et le lymphatique V8 Lamborghini.

Le jeu de Human propose deux innovations majeures: Premièrement, les vitesses se passent grâce aux touches L et R situés sur les tranches de la manette, une idée directement issue de la position des palettes sur les volants de F1. Désormais, tous les jeux de courses ont adopté cette configuration. L'autre idée géniale, c'est le contrôle de monoplace ; avec les flèches gauche et droite, on ne contrôle pas la direction de la voiture mais le volant directement, via un curseur positionné sous la F1. Au centre de la monoplace, les roues sont droites, en appuyant sur droite, on déplace d'autant la flèche et la voiture vers la droite, normal ; mais contrairement aux jeux de courses classiques, la flèche ne revient pas au milieu si on lâche le bouton de direction, le joueur doit remettre lui-même les roues dans l'axe !! On obtient une sensibilité digne d'un volant à la manette, permettant de jouer de faible braquage pour enchaîner les trajectoires les plus coulées possibles. Etrangement, cette idée ne sera jamais reprise par la suite dans d'autres jeux, autre que la série des Human GP.

La conduite est très réaliste pour l'époque, seule la série des F1 Grand Prix rivalise en terme de fidélité à la catégorie reine du sport auto. Les réglages sont nombreux et ont une réelle incidence sur la conduite, et la Formule 1 a un comportement qui varie en fonction de l'usure des pneus, des dégâts et même des conditions météo changeantes. On retrouve aussi le phénomène d'aspiration, bien connu des amateurs de sports mécaniques, et le drapeau rouge en cas de gros carton. Seule excentricité, il y a une sorte de turbo, limité en nombre, histoire de faciliter les dépassements. Le jeu respecte la hiérarchie des équipes, avec des Williams-Renault régulièrement (tout le temps) en tête. Le mode saison représente la grosse portion du jeu, et tient le joueur en haleine un moment. Car hélas, une fois la jouabilité bien maîtrisée, les adversaires se relèvent trop lent, même avec une F1 d'une petite écurie, et l'absence de niveau de difficulté rend le jeu trop facile. On pourra toutefois prolonger l'expérience du jeu en s'attaquant au chrono dans le mode test run.

plus/moins
+ Une vraie simulation de F1 sur console.
+ Très bonne ambiance sonore.
+ La maniabilité du volant à la flèche.
+ Techniquement beau et bien animé...
- ... même si la course se joue sur un tiers d'écran !!
- Facile une fois la jouabilité maitrisée.

Human GP est l'une des premières simulations de F1 sur 16 bits ; il faut connaître chaque circuit par coeur, pour freiner au bout moment et avoir les bonnes trajectoires. C'est franchement bien fichu, puisque les temps au tour sont assez similaires aux véritables chronos. Complet, réussi techniquement, malgré une certaine austérité due au réalisme (pas de décors faramineux donc), Human GP profite aussi de l'ambiance "made in Human", avec des musiques péchues. Malgré un écran de jeu riquiqui, et une facilité certaine au bout d'une grosse poignée d'heures, Human GP est un fantastique jeu de course sur Super Nintendo, le meilleur de son époque.


Bonus!!
> Seules 7 équipes des 16 équipes de la saison 1992 sont présentes: Williams, McLaren, Ferrari, Benetton, Jordan, Footwork et Larrousse. Au revoir donc Lotus, Tyrell, Ligier, March, Dallara, Minardi, Brabham, Andrea Moda et Fondmetal.
> Cette année-ci, Jordan, Footwork et Larrousse ont terminé respectivement 8e, 11e et 12e du championnat constructeurs, pourquoi Human les a choisis au détriment d'écuries plus méritantes? Jordan utilisait des moteurs Yamaha, Footwork le Mugen-Honda, piloté par Aguri Suzuki, et Larrousse alignait Ukyo Katayama. Human a privilégié les moteurs et pilotes nippons !!
> En France, le jeu est rebaptisé F1 Pole Position. Pour une obscure histoire de droits, Ayrton Senna n'apparaît pas dans le jeu, à l'inverse de la version japonaise. Il est remplacé par l'Américain Michael Andretti, qui n'a pourtant pas disputé de courses en F1 en 1992 !!


testé en 2010 par broseb.
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