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FINAL FIGHT
(1990 / capcom / super famicom)

Final Fight se déroule dans la pas très recommandable ville de Metro City. Ville qui ressemble pas mal à New York (il y même une statue de la liberté !!). Les gangs font la loi, et c'est tout logiquement que le pire d'entre eux, le "Mad Gear", kidnappe Jessica, la fille du maire en personne. Bigre, ça craint !! Mais que va donc faire Mike Haggar, le papa de la petite ? Et bien, en homme de responsabilité, il descend dans la rue pour s'occuper lui-même des ces bandes de fils de chiens ; cet ancien catcheur pro (un pote de Zangief) est une montagne de muscles et de barbaries, et ce malencontreux enlèvement l'a mis en pétard !! Autre gars bien énervé comme il faut, Cody, le petit ami de Jessica, part lui aussi dans la rue faire couler des rivières de sang. Des types un peu violents quand même...

Final Fight est un beat'em all de Capcom, sur Super Nintendo. Le joueur progresse la plupart du temps de gauche à droite en défonçant la tronche d'environ un milliard de racailles qui arrive par vague des bas-fonds de Metro City. Au menu de cette débauche de violence, 5 niveaux: Les taudis ("Slum"), le métro, la zone Ouest (avec des restos chics !!), la baie (qui ressemble beaucoup à la l'embouchure de l'Hudson à New York, tiens...) et enfin la haute ville.

Il y a beaucoup à dire sur Final Fight. Tout d'abord, il 's'agit du jeu qui a relancé le jeu de baston, en s'inspirant très largement ce bon vieux Double Dragon de Technos. Final Fight est un succès en arcade, et lancera une véritable mode de beat'em all au tout début des années 90: Capcom éditera des tonnes des jeux du même style, comme "Cadillac'n dinosaurs", "Captain Commando", "The Punisher" et la plupart des jeux Neo Geo de cette époque seront de ce genre, avec "Burning Fight" (un plagiat total), "Mutation Nation", "Robo Army" ou encore Sengoku I & II. Sega aussi, avec son mythique "Streets of Rage" sur Megadrive. Cette mode cesserait dès l'arrivée de Street Fighter II et de la baston versus.

Final Fight semble s'inspirer du film "Streets of Fire" ("Les rues de feus" en VF) de Walter Hill. Le scénario est très similaire, jugé plutôt: Une jeune femme se fait enlever par un gang de motard, son petit copain Tom Cody (?!) décide, avec deux acolytes, de descendre dans les bas-fonds remplis de loubards craignos, pour régler leur problème, à coups de poings et de canifs. L'acteur Michael Paré joue Tom Cody, personnage qui ressemble étrangement à... (yep, c'est ça !!). Ce film est assez obscur, mais peut être a-t-il bien fonctionné au Japon au point d'inspirer Capcom...

En plus d'être une référence, si ce n'est la référence du beat'em all, Final Fight est aussi connu pour être étroitement lié au mythique Street Fighter II. En effet, le jeu devait à l'origine s'appeler "Street Fighter 89", nom finalement refusé, car le jeu était trop éloigné de l'antique Street Fighter original. Pourtant, on peut considérer Final Fight comme le véritable précurseur de Street Fighter II: Il partage le même moteur graphique, on retrouve Cody mettre une patate dans l'intro et même Haggar reconditionné en catcheur russe. Un nombre impressionnant de protagonistes fera son retour dans les suites de Street Fighter: Cody, Guy, Sodom, Poison, Andore (sous le nom d'Hugo), Rolent...

Final Fight est une adaptation très fidèle à la version d'arcade ; les graphismes sont fouillés et l'animation correcte. Certaines étapes d'animation sont un peu fainéantes, comme Haggar dont seules les jambes bougent quand il avance. On retrouve la pâte graphique du futur Street Fighter II, avec des sprites énormes. Traditionnellement dans les beat'em all, les ennemis ne sont pas très variés, d'autant qu'ils sont tous des déclinaisons sur le thème racaille-rappeur-loubards-punks des années '90. A noter la disparition du niveau 4 original (la zone industrielle et son boss Rolent) qui se déroulait sur le monte-charge d'un building, et aussi de Guy, le karatéka-ninja orange, plus rapide que puissant- supprimés probablement pour des raisons techniques-. Guy reviendra au Japon dans une réédition spéciale du jeu, "Final Fight Guy", où le fameux "gars" remplace Cody au coté de Haggar !!

La bande son de Final Fight est des plus classiques ; les bruitages sont aussi répétitifs qu'efficaces, les pafs s'enchaînant inlassablement aux pafs. Quelques cris de douleurs viennent agrémenter le tout. Les musiques rythment bien l'action, avec un style parfois très "rap-ghetto blaster" made in '90. Mais à part celle du niveau 1, transcrivant parfaitement l'ambiance oppressante des quartiers malfamés, les musiques sont loin d'être aussi mémorables que celle de Street Fighter II.

2 boutons, coups de poings et saut. Vous pouvez aussi rajouter le coup de pied sauté, et le super coup (les 2 boutons en même temps). Vous l'aurez compris, la jouabilité de Final Fight est assez limitée. Il faudra comprendre les (petites) subtilités du jeu pour voir la fin du jeu, comme la prise aux corps-à-corps, utile pour projeter un méchant sur un autre. L'absence de mode 2 joueurs (présent en arcade) est le gros point noir du jeu ; cogner, cogner et encore cogner est un amusement en soi, le jeu est donc très rigolo si on aime les tabassages massifs, mais c'est bien sûr 2 fois plus marrant à deux.

Très répétitif et pas du tout varié, Final Fight trouve son intérêt dans sa difficulté. Avec 4 vies seulement, et des continues limités (qui font recommencer au début du niveau), la plupart des joueurs finiront leur partie contre Sodom, le boss du niveau 2. Les purs et durs relèveront le défi, exigeant une parfaite connaissance du comportement des ennemis et une concentration sans faille. Final Fight prend alors tout son sens, au risque de dégoûter les joueurs les plus normaux. Vous pouvez bien sûr vous servir d'un code action replay pour avoir la vie infinie (auquel cas le jeu devient totalement sans intérêt), ou bien utiliser -alléluia !!- faire le fameux code de l'écran titre (voir bonus), permettent d'avoir plus de vies et de modifier le niveau de difficulté. Déjà nettement plus facile, il permet de profiter du titre pour les plus nuls d'entre nous.

plus/moins
+ La référence du genre.
+ Graphiquement très bon.
+ Le menu d'option secret.
- Pas de mode 2 joueurs.
- Des musiques anecdotiques.
- Très répétitif (c'est le genre qui veut ça).

Final Fight est une légende du jeu vidéo à plusieurs titres: Il a complètement relancé un genre jusque là défini par le vieillissant Double Dragon, et entraîner la sortie de milliers de clones. Il est aussi techniquement et historiquement lié au mythique Street Fighter II. L'adaptation sur Super Nintendo est une réussite, malgré de nombreux sacrifices par rapport à la version d'arcade: Au revoir donc Guy et son pyjama orange, adieu le 4me niveau et surtout exit le mode 2 joueurs, et avec lui la convivialité et l'amusement d'une bonne baston entre amis. Les défauts inhérents au style deviennent alors encore plus criants: Répétitif, difficile, limité, seul le pro de la manette y trouvera un défi de taille. Les autres le trouveront sympa, ambiance destroy et nostalgie aidantes, le temps de quelques parties ça et là.

Bonus!!
>Capcom semble avoir pas mal de fan de musique métal dans ses rangs: les voyous portent presque tous des noms connus, comme Axl & Slash (Gun'n Roses), Sodom (groupe de métal allemand), Abigail s'inspire de Kind Diamond, ou encore Poison et Roxy.
>Appuyez sur L+R+START à l'écran titre. Vous aurez alors accès à un menu d'options: Vous pouvez modifier le niveau de difficulté, le nombre de vies, "extra joy" permet de faire le super coup sur un seul bouton, et aussi un sound test.


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