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THE KING OF FIGHTERS COLLECTION: OROCHI SAGA
(2008 / snk playmore / psp)

"The King of Fighters", c'est le tournoi de SNK par excellence. La série débute en 1994, en posant ces principes fondateurs: Des combattants issus de divers jeux (Fatal Fury, Art of Fighting, Ikari Warriors, Psycho Soldiers...) et un mode de combat par équipe 3 contre 3 totalement stupide: Chaque équipe choisit lequel de ces membres débutera le premier match, puis qui prendra la relève en cas de défaite. Sincèrement, d'un point de vue simplement sportif, c'est ignoble car cela veut dire que le premier lutteur est condamné à combattre jusqu'au K.O, ou bien triompher à lui seul des 3 adversaires de l'autre équipe, quitte à y laisser sa santé !! Heureusement, ses partenaires sont là pour le soutenir !! Pourquoi le vainqueur ne laisse pas sa place à son collègue pour la deuxième manche?

KOF Orochi Saga est une compilation de jeux édité par SNK Playmore sur PSP. Le titre propose les 5 premiers épisodes de la série KOF, c'est à dire les épisodes '94, '95, '96, '97 et '98. Les KOF se caractérisent par les combats par équipes, 3 contre 3. Les épisodes '94 et '95 mettent en scène Rugal Bernstein, un aristocrate mégalomane assoiffé de pouvoir. Mélange étrange de Geese Howard et de Wolfgang Krauser, dont il hérite des coups (Reppu-ken, Kaiser Wave...), Rugal s'acquittera de son rôle avec application, sans jamais rejoindre en charisme ses illustres boss de Fatal Fury. Les années '96 et '97 marquent la montée en puissance d'Orochi, une force divine oubliée annonçant la fin du monde. Rien que ça. La saga prend des tournures mystiques un peu noeud-noeud, assez hors-sujet, dans le plus pur style japoniais. L'affrontement final dans KOF 97, contre Orochi lui-même demeure cependant un morceau de bravoure. '98 s'annonce comme une édition à part, un "dream match" sans scénario, vaste réunion de combattants juste présents dans le seul but de se mettre violemment sur la tronche. Un Rugal ressuscité est même rappelé pour faire office de boss final. Finalement, cette formule aurait mieux fait d'être utilisé tous les ans, comme un vulgaire jeu de sport FIFA, au lieu de contextualiser les tournois dans des complots et intrigues finalement aussi débiles que farfelus.

On ne portera pas ici de jugement sur chacun des KOF de 94 à 98 ; ils sont tous très bons, même si personnellement, j'ai toujours trouvé les années paires bien meilleures. Légendes de la baston, ces jeux ont assez bien vieillis, même le 94, qui garde un charme franchement old-school ; le 98 est considéré par beaucoup comme le meilleur de la série, ce qui n'est pas loin d'être vrai. Pour ma part, j'ai une affection toute particulière pour KOF 96, avec un fort contingent de combattants de Fatal Fury et d'Art of Fighting, et la très prestigieuse Boss Team.

L'émulation est assez correcte, et on retrouve les versions arcade fidèlement reproduite ; si quelques blocages dans l'animation arrivent de temps en temps, le plus gros point noir provient de bruitages, trop souvent en décalage avec l'action, la faute à la lecture directe du son de l'UMD. Un réglage sur l'équilibre musique et sons pourra atténuer un peu le désagrément. Dommage aussi que l'on ne puisse pas jouer avec les musiques arrangées, pourtant bonus débloquables et écoutables dans la section média du soft. On note des loadings avant chaque combat, et aussi la disparition des options présentes dans les versions AES et Neo Geo CD, comme le single play, les survivals et time attack. Autant de petits détails qui rendent ses adaptations légèrement inférieures aux versions originales.

L'habillage reprend le moteur du très beau SNK arcade collection, et donc aussi très réussi. De plus, un mode "challenges" propose de défis sur KOF 98, à remporter avec des stipulations particulières (seuls les super-coups sont efficaces, handicap de vie, etc.). De très nombreuses illustrations, dont certaines assez rares et des musiques sont à débloquer en remportant ces épreuves.

Si SNK Playmore se contente du minimum syndical au niveau de ces bonus, ce n'est finalement pas forcement un mal, puisqu'on retrouve les titres originaux de SNK, sans "améliorations" douteuses de la part de SNK Playmore. Il suffit de voir les dégâts sur KOF 98 Ultimate (rajouts d'artworks et nouveaux décors inadaptés) pour se réjouir de retrouver les bons vieux jeux en l'état. Pourtant, à la façon de Street Fighter II Anniversary, on aurait surement apprécié de pouvoir confronter n'importe quel personnage de la série dans un mode de jeu commun. La team Yagami'95 contre la boss team'96 aurait été un combat de choix. Une encyclopédie regroupant des informations sur les protagonistes, un supplément de contenu bienvenu. Le petit prix de l'UMD permet de faire passer la pilule plus facilement.

La prise en main est bonne même avec la croix directionnelle de la PSP, même si les subtilités les plus pointues sont moins accessibles qu'avec le parfait stick arcade Neo Geo. La finalité de KOF Collection: Orochi n'est cependant pas de pratiquer ces jeux de bastons ultra-techniques comme un pro-gamers enragé, mais plutôt de s'amuser, l'histoire de quelques parties en voyage ou dans son petit coin, à ces petites perles. Il ne remplace en aucun cas le plaisir de rebrancher sa Neo Geo, mais permet de distribuer quelques gifles sur PSP ; plus loin, la compile permet d'avoir une vision globale des 5 premieres années de la saga.

plus/moins
+ 5 KOF sur un seul UMD.
+ Plein d'illustrations à débloquer.
+ Bonne maniabilité avec la manette PSP.
+ L'habillage réussi.
- Bugs sonores et loadings ternissent le tableau.
- Impossible de jouer avec les musiques AST.

Retrouver KOF sur sa PSP, c'est évidemment une proposition intéressante, surtout si on apprécie la série phare de SNK. Les bugs sonores (des bruitages qui arrivent après les coups) et quelques loadings gâchent un peu la fête. Cette petite déception technique légitime passée, on retrouvera des KOF identiques aux versions arcade ; la magie opère et retrouve l'atmosphère si particulière des matches 3 contre 3. On se réjouit de l'absence de "plus" à la sauce Playmore, plus apte à dénaturer le jeu qu'autre chose. Les jeux originaux et des kilos d'artworks suffiront largement à combler les fans de la série, à défaut d'avoir un produit rempli à ras bord de contenu et de modes inédits.



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